Greg(oire) est pénible :
Gregory Pyle Sonnant Tourraje (Greg horripile son ...
)
Jeffrey (Ce soir, dans Le sergent noir, sur Arte).
Sinon, j'avais bien compris ton propos de départ, mais ça me paraissait restrictif sur l'ensemble du problème (Je ne sais plus quel personnage avait déclaré que seule la connaissance des parties permettait la connaissance du tout).
Par ailleurs, les exemples du monde montrent que si dans certains endroits l'absence de médias autres qu'étatiques peut entraîner une pensée unique dans la population, à terme, cette même population finit toujours pas ne plus y croire et c'est l'effet inverse qui se produit.
Ceci dit, rien n'empêche le service public de présenter des intervenants réellement neutres et non pas des activistes dont les activités militantes sont cachées. Tout comme rien n'empêche les dirigeants de ces mêmes services publics de ne pas faire de déclarations partisanes lors d'interviews. Cela inciterait certainement moins les auditeurs/téléspectateurs à s'en détourner et/ou à se diriger vers des médias privés. Médias privés qui eux-mêmes devraient être un minimum neutres pour éviter le départ de ces mêmes auditeurs/téléspectateurs sur le long terme.
Certes, aujourd'hui CNews/Europe 1 etc... ont le vent en poupe, mais une expérience catastrophique du RN au pouvoir (et avec leur programme économique, je ne vois rien d'autre qu'une ruine du pays encore pire que sous Macron. Ruine que même le reste de leur programme populiste aura du mal à compenser) pourra fort bien avoir l'effet inverse d'aujourd'hui dans l'avenir... Et si mes souvenirs sont bons, Brunet, Truchot et Marshall n'ont pas empêché l'arrivée de Hollande au pouvoir (il avait commencé à 3% dans les sondages pour finir à 51,5% au 2ème tour de l'élection) et l'audio-visuel "de droite" n'a pas empêché Mitterrand d'arriver au pouvoir en 81, tout comme le pourrissement permanent de Macron dans les médias, y compris chez Brunet, Truchot-Marshall et d'autres, ne l'a pas empêché de l'emporter pour son 2ème quinquennat...
Bref, je n'ai pas d'avis particulier sur le fait que l'audiovisuel soit entièrement privatisé. Si je regarde peu les émissions "politiques" sur le service public, je raffole des émissions animalières ou historiques sur ces même chaînes, mais parce qu'elles sont bien faites. Si le service public diffusait des émissions débiles comme Alien Theory (sur je ne sais plus quelles chaîne RMC), je ne regarderais pas. Mais sur les chaînes privées il y a aussi de très bons documentaires. Donc, au final, ce qui compte pour moi, c'est la qualité du contenu, pas le fait que ce soit privatisé ou pas.
Après pour les diffusions à l'étranger, pourquoi ne pas maintenir France Info (qui devrait être plus neutre) et TV5 monde (quand j'habitais à l'étranger, j'aimais bien regarder cette émission, en particulier l'émission politique où les diplomates chinois avaient tellement de mal à se dépatouiller dès qu'on leur parlait d'élections et de démocratie).
Mais il y a encore d'autres paramètres. Aujourd'hui les bouquets numériques permettent d'écouter nombre d'émissions étrangères. Si j'étais à l'étranger aujourd'hui, j'aurais bien d'autres choix français que France Info ou TV5 Monde. Tout comme internet et les réseaux sociaux ont maintenant dépassé la télévision pour l'influence. Bardella a été "créé" par TikTok. Depuis une vingtaine d'année, les usines à trolls russes, chinoises, turques, iraniennes et autres influencent toujours plus la jeunesse et les élections, détruisent des réputations, refont la lecture du monde à volonté. Et là, il y a un combat que nos démocraties n'ont pas encore commencé. Il y a aussi des pays qui suppriment leurs organismes de régulation par intérêt (Trump qui bénéficie des trolls russes pour ses élections). Pour quelques démantèlements d'usines à trolls russes, combien fonctionnent à plein temps ? Pour un candidat roumain à la présidentielle déchu de sa candidature, combien passeront quand même (comme Trump l'a déjà fait la première fois).
Donc, plutôt qu'un service public existant ou pas, je préfèrerai des organismes de contrôle étatiques des médias. Mais là encore, on en revient à qui dirige l'Etat et/ou l'organisme de contrôle. Les commissions d'enquête sur l'audiovisuel public prouvent là aussi qu'il y a de sérieux trous dans la raquette (y compris dans les membres des commissions d'enquête...). Macron a évoqué des ONG chargées de cette mission, plutôt qu'un service public, mais les ONG qu'il a citées ne sont pas exemptes de parti pris également.
Au final, je n'ai pas de solutions parfaites. Je crois qu'il n'y en aura jamais. On peut juste minimiser les effets négatifs en ayant recours à des organes de contrôle de différentes sources (les nominations de responsables par le président de la République, celui du Sénat et de l'assemblée seraient une solution possibles, avec peut-être une proportion de privé). Mais l'exemple de Trump montre que même au sein d'une démocratie plus que bicentenaire, et jusque là considérée comme des plus solide, certaines barrières peuvent sauter à une vitesse et avec une facilité déconcertante... Je ne parle même pas de l'anéantissement en quelques mois des médias indépendants russes par Poutine après février 2022 et la relativement (j'insiste sur le relativement) faible réaction de la population... Et ce ne sont que deux exemples parmi un tas d'autres...
Donc, pour moi, comme dit au début, le sujet est extrêmement complexe et relève plus de la question de ce qu'est une démocratie que du "simple" fait de privatiser ou pas l'intégralité du service public... (bon, j'ai mis les idées au fur et à mesure qu'elles me venaient, mais j'espère que ça t'aura au moins montré la complexité du sujet en ce qui me concerne).